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Jacques Potdevin
Président Directeur Général

Les premières années du 21ième siècle auront été marquées par le retour de quelques valeurs sur lesquelles les pouvoirs publics du monde entier se sont retrouvés : l’éthique, la gouvernance, la transparence, l’harmonisation normative et les contrôles internes et externes qui en découlent. Sans attendre d’en dresser un bilan et a fortiori une évaluation, nous percevons très clairement désormais deux nouveaux axes de réflexion à savoir la concentration et la simplification.

Nos métiers comme bien d’autres sont confrontés à la concentration sectorielle. Comment imaginer qu’une économie globalisée et de plus en plus intégrée n’induise pas une offre de prestataires de services elle aussi globalisée et intégrée ? Pour autant, nous devons conserver à l’esprit quelques règles élémentaires qui donnent du sens à la raison d’être de nos professions. L’indépendance sur un marché ouvert doit être la valeur fondamentale qui garantit la fiabilité et la pertinence des informations produites ou des analyses conduites. Concentrer les systèmes implique la réduction du nombre des acteurs et par conséquent le cloisonnement de certains secteurs où l’offre devient restreinte voire fermée. Cette situation pose sans nul doute la question de la pérennité et de la sauvegarde de l’expertise et de l’expérience.

La simplification par ailleurs est à l’ordre du jour. Sur le plan des principes, nul ne peut être opposé à cet objectif. Pour autant, il convient de rappeler ce sur quoi la simplification doit s’entendre. Si les orientations conduisent à réduire la qualité des systèmes ou des standards en place, il est très probable que les vœux de transparence et de fiabilité sur lesquels se sont appuyées les réglementations des 7 ou 8 dernières années, seront certainement mis à mal. Cette question est aujourd’hui essentielle dans ce que l’on appelle traditionnellement les PME. Il est à craindre que certaines perspectives soient aujourd’hui plus simplistes que simplificatrices. En effet, vouloir réduire le périmètre de l’audit légal et les normes comptables applicables semble paradoxale dans une économie où l’on constate une financiarisation très significative de l’actionnariat et une ouverture très forte souhaitée par les gouvernements du capital des entreprises aux salariés. La sécurité financière trouve ici toute sa légitimité et réduire trop brutalement le champ des langages et des systèmes de contrôles serait de nature à créer un risque de crise future majeure.

Toutes ces raisons conduisent tous les membres du réseau JPA INTERNATIONAL à contribuer à porter un message pragmatique et constructif auprès des instances normatives et parfois législatives. Ces messages doivent être portés dans l’intérêt des entreprises, mais aussi de leurs partenaires commerciaux, bancaires, assurantiels, financiers, étatiques et salariés.

C’est à cette condition que nos professions contribueront à leur niveau au développement durable. 

A l’aube de cette nouvelle année, nous sommes convaincus que nos énergies mises en commun permettront d’aboutir à des solutions adaptées et comprises de tous, et c’est dans ce contexte passionnant que je vous souhaite au nom de chacun une excellente année 2008 remplie de bonheur et de réussite.


Jacques Potdevin