Les premières années du 21ième siècle auront été
marquées par le retour de quelques valeurs sur lesquelles les
pouvoirs publics du monde entier se sont retrouvés : l’éthique, la
gouvernance, la transparence, l’harmonisation normative et les
contrôles internes et externes qui en découlent. Sans attendre d’en
dresser un bilan et a fortiori une évaluation, nous percevons très
clairement désormais deux nouveaux axes de réflexion à savoir la
concentration et la simplification.
Nos métiers comme bien d’autres sont confrontés à la
concentration sectorielle. Comment imaginer qu’une économie
globalisée et de plus en plus intégrée n’induise pas une offre de
prestataires de services elle aussi globalisée et intégrée ? Pour
autant, nous devons conserver à l’esprit quelques règles
élémentaires qui donnent du sens à la raison d’être de nos
professions. L’indépendance sur un marché ouvert doit être la valeur
fondamentale qui garantit la fiabilité et la pertinence des
informations produites ou des analyses conduites. Concentrer les
systèmes implique la réduction du nombre des acteurs et par
conséquent le cloisonnement de certains secteurs où l’offre devient
restreinte voire fermée. Cette situation pose sans nul doute la
question de la pérennité et de la sauvegarde de l’expertise et de
l’expérience.
La simplification par ailleurs est à l’ordre du jour. Sur le
plan des principes, nul ne peut être opposé à cet objectif. Pour
autant, il convient de rappeler ce sur quoi la simplification doit
s’entendre. Si les orientations conduisent à réduire la qualité des
systèmes ou des standards en place, il est très probable que les
vœux de transparence et de fiabilité sur lesquels se sont appuyées
les réglementations des 7 ou 8 dernières années, seront certainement
mis à mal. Cette question est aujourd’hui essentielle dans ce que
l’on appelle traditionnellement les PME. Il est à craindre que
certaines perspectives soient aujourd’hui plus simplistes que
simplificatrices. En effet, vouloir réduire le périmètre de l’audit
légal et les normes comptables applicables semble paradoxale dans
une économie où l’on constate une financiarisation très
significative de l’actionnariat et une ouverture très forte
souhaitée par les gouvernements du capital des entreprises aux
salariés. La sécurité financière trouve ici toute sa légitimité et
réduire trop brutalement le champ des langages et des systèmes de
contrôles serait de nature à créer un risque de crise future majeure.
Toutes ces raisons conduisent tous les membres du réseau JPA
INTERNATIONAL à contribuer à porter un message pragmatique et
constructif auprès des instances normatives et parfois législatives.
Ces messages doivent être portés dans l’intérêt des entreprises,
mais aussi de leurs partenaires commerciaux, bancaires, assurantiels,
financiers, étatiques et salariés.
C’est à cette condition que nos professions contribueront à
leur niveau au développement durable.
A l’aube de cette nouvelle année, nous sommes convaincus que
nos énergies mises en commun permettront d’aboutir à des solutions
adaptées et comprises de tous, et c’est dans ce contexte passionnant
que je vous souhaite au nom de chacun une excellente année 2008
remplie de bonheur et de réussite.